Musiques "salon" (à écouter au casque, pour glander, pour rêver ou alors à écouter quand on prend un bain... si on a une baignoire)

Publié le par JOTM


Nitin Sawhney - London Undersound
Cooking Vinyl 2008



Album d'un indien de Londres qui laisse rêveur.
Aucun lien de conséquence avec l'évocation passée de la BO de Slumdog Millionaire.
Non non. Je ne fais pas une plongée dans la musique indienne et ses dérivés.
Je ne suis pas encore fan de Bolywood ni du kitch parfois décalé de la culture pop indienne... (pas encore!?)

Bref...

Avec ce disque on est de toute façon pas à Delhi, mais bel et bien au coeur de notre vieille Europe : Londres.

Rencontré à la suite d'un hasardeux, mais bienheureux (!), déplacement de la molette de mon petit transistor FM, qui tomba ce soir là sur FIP, cet album est un beau projet. Initialement séduit par le côté Trip-Hop rêveur de sa musique, (un peu à la Massive Attack du début parfois) j'ai un peu creusé pour voir ce qu'il y avait derrière et je trouve que le concept est bien trouvé.

En fait, à travers cet album, Nitin Sawhney, artiste musical qui fait dans le mélange en tous genres, notamment celle de l'électro et des sonorités indiennes (dans le même esprit qu'Asian Dub Fondation mais en plus musical et plus electro) a voulu réalisé une sorte de cliché sonore underground de Londres. Dans cet optique, l'album est truffé de collaborations diverses et variées entrelacées de (timides) interludes.

Parmi les belles collaborations : les espagnols Ojos de Brujo (évoqués il y a mille ans sur un certain forum trouvable dans les liens du présent blog), l'ex Beatles et sir Paul Mc Cartney, Natty... et j'en passe et des meilleures. Le résultat est donc un album très varié avec une évocation permanente de sonorités indiennes qui passe bien.

Mes titres chouchous :
Days of fire (ft Natty) : pour le groovy, la voix et le rythme !
Shadowland (ft Ojos de Brujo) : pour Ojos de Brujo pardi !
Last train to midnight (ft. Aruba Red) : pour son côté gravement massive attackien !
Daybreak (ft Faheem Mazhar) : pour la mélodie virevoltante...
My soul (ft Paul McCartney) : parcequ'il faut bien aider les vieux ;-)
Les interludes : uniquement pour leur présence (leur contenu est quelconque), mais l'idée même de mettre des interludes sur un album me plaît beaucoup (preuve d'un effort de construction, à mon sens) !

Les titres un peu relous :

Charu Keshi Rain (ft Anoushla Shankar) : trop Bolywood (et puis bon Ravi Shankar est unique...)
Bring it Home : peu d'originalité, mélange un poil foireux de batteries très présentes (trop) et de pianos, le tout superposé sur une belle voix : dommage (écouter Truffaz si vous voulez de la batterie jazzy aux accents contemporains !)


Le
site et le myspace.


Une vidéo inspirée de l'album - titre Ek Jaan- (peut-être pas un "official content" mais ça donne déjà une petite idée...) :






Une chronique sur le site de la BBC (anglais) : ici :

Le journaliste émet quelques réserves sur l'album le trouvant trop poli, pas assez réaliste et un peu décalé au regard des réalités londoniennes de 2008 (en même temps n'écoutant pas la musique anglaise comme j'écoute la musique francophone.... je suis moins sensible à l'aspect engagé de la chose - ça c'est perso!) : " Too often London Undersound is too polite to convey the anger, tension, sense of betrayal and essentially contradictory nature of living in the nation's capital in 2008. It's an album with its heart firmly in the right place, but lacking in bite".

Une autre chronique sur un site anglais (drownedinsound.com) : : l'auteur semble également déçu par cet album, qui pour lui, ne serait pas à la hauteur des mélodies passées de Nitin Sawhney... Surtout cette chronique est déçue par le projet initial : la description sonore et underground de Londres est râtée : " This is not the sound of the London underground (although the album ends with that particular sound); it sounds nothing like London. Not the London I know. London Undersound was made by a Wandsworth-ite so rapt by his own fears and insecurities, that he has completely lost sight of the bigger picture " .

N'ayant pas de recul sur la production de l'artiste je ne peux comparer avec ces albums anterieurs. Un reproche peut être timidement lancé (reproche qui n'en n'est pas un et qui peut, d'ailleurs, être fait à tous les albums composés presque exclusivement de featuring, collaborations duos/trio et autres poly/pluri-interprétations) : le côté fourre-tout et un poil peu cohérent... mais bon à titre personnel ça ne me dérange pas plus que cela....

Finalement et a priori (je n'ai pas encore écouté les albums précédents) cet album semble moins mordant, moins vif voire moins percutant que les précédents. L'album phare de l'artiste commence à dater, il s'agit de Beyond Skin (Outpost 1999), qui si j'en crois les éloges émis à son égard était véritablement novateur (à suivre?).




Les albums qui suivent figurent ici puisque l'écoute de London Undersound m'y a fait penser : occasion agréable de faire une plongée nostalgique dans ma pile de disques.



Esthero - Breath from another
Work (sony music) 1998



Esthero c'est une canadienne qui fait dans l'electro.

Dans la veine des sonotiés trip-hop originelles et des sons electro du genre Bjork (la voix d'esthero est assez proche de celle de Bjork à ses débuts), l'album "breath from another" est sans prétention. "Pas destiné au panthéon de la musique électronique mais fort sympathique à écouter quand même !" : tel aurait pû être le texte du petit autocollant apposé sur le boitier en plastique translucide accueillant le cd disposé maladroitement sur les rayons des supermarchés de la "culture"... Cet album reprenait donc les sons de son époque et les remaniait à sa sauce en ajoutant ses petites particularités, notamment une voix passe partout, ayant même le mérite d'être, parfois, langoureuse...

J'y trouve nénmoins quelques (petites) pépites : le début de la piste 2 : "Heaven Sent" une belle production... dommage que les grattes deviennent électriques après plus d'une minute... un peu "gachis" ! ; "That Girl" (piste 4) : une mise en place lancinante, des riffs de gratte bien placés, des bouts de cuivre intriguants quelques amples étranges, une petite voix qui passe bien... ; "Breath from another" (premier titre) : un peu les mêmes caractéristiques que la précédente, les petits scratchs en plus et surtout le rappeur de la fin (à l'époque j'vous jure ça'l faisait bien)...

Extrait (je mets ce que j'ai trouvé...) :
Esthero - Indigo Boy (piste 10)

Site et Myspace
Wikilink



Kid Loco - A grand Love Story
Yellow productions (EastWest) 1998



Jean Yves Prieur, alias Kid Loco, a plusieurs vies musicales à son actif.

Acteur de la fabuleuse aventure du rock alternatif français des années 80 (je dis fabuleuse car elle est pour moi une pierre angulaire), il est l'un des co-fondateurs du label Bondage.

                                                                    Jean Yves Prieur

Mais si... Bondage !? Le label des bérus et de Ludwig, rien que ça ! Le monsieur a donc navigué depuis son plus jeune âge dans les eaux musicales tel un explorateur. en qupete de nouvelles routes sonores. Adepte de la bougeotte à la curiosité bien saine, Jean Yves Prieur a, semble-t-il, tourné la page avec l'environnement du rock alternartif et du punk... pour endosser une casquette d'alchimiste du down tempo et du remix.


L'alum "A grand love Story" est à ranger dans la catégorie "Down tempo", trip-hop calme et relaxant, voire parfois Easy Listening... (si tant est qu'il faille le ranger). Le "boitier" digipack est à lui seul intriguant. A lui seul le petit personnage figurant sur la pochette questionne. Est-il évadé d'une tapisserie bien fânée ou d'un siège façon bergère usée par les fessiers ? Dans tous les cas son regard mi blasé mi coquin nous invite à écouter le disque...


Dés le départ le titre "A grand love theme" (parfait pour se plonger dans un bain après une longue journée pas forcément à la hauteur de ce qu'on avait imaginé) nous plonge dans l'ambiance : c'est bien du down tempo. Après écoutes : le mélange sample de voix / beat synthétique / "cordes et petits sons de ci de là" nous
envoute véritablement !

La suite de l'album est dans la même lignée : de très belle facture ! On y trouve notamment des titres "hypnothiques" : "Relaxin' with Cherry", "She's my lover" -agréablement kitch, merci les superbes samples!- et des sons rêveurs : "Cosmic Supernaturel", "She woolf Daydreaming" (les samples probablement issus d'un manga de cul y sont pour quelque chose j'en conviens), "Calling Aventura King" (les discrets riffs de grattes, de basse et de piano...).
 
Vous l'aurez compris, il s'agit d'un album attachant que l'on adopte au fil des écoutes. Kid Loco se pose ici en maître du sample et en producteur méticuleux, la qualité sonore et la construction le prouvent !


Extraits :
Kid Loco - Cosmic Supernatural (piste 10 disque 1)


Kid Loco - Relaxin with Cherry (piste 2 disque 1)


La vidéo du clip Love Me Sweet



Une interview (RFI) de Kid Loco, dans laquelle il expose sa vision du Rock Français et de l'alternatif des années 80 :

Extrait de l'interview (à propos du rock alternatif français des années 80) - source : RFI Musique interview réalisé par Jean François Danis :

Comment s’est développé cette scène alternative ? Le public a suivi ?
Il y a eu les radios libres. Avant, c’était impossible de passer à la radio. Les programmateurs passaient Steely Dan en boucle! Je faisais une émission avec les copains sur une radio libre, dans ma banlieue, tous les mardis de 10h00 à minuit, on passait ce qu’on voulait ! On allait aussi à Paris, à Cité 96, radio libre de Montmartre, où il y avait des invités et une musique d’enfer de 8h00 du soir à 4h00 du matin! Il n’y avait que ce média-là pour s’exprimer et les fanzines qui ont apparu à moment-là. La scène a commencé d’exister et a grossi grâce à tout ces gens qui partageaient les mêmes envies et se retrouvaient dans les squats artistiques: les graffeurs, les photographes comme Masto, les peintres de la nouvelle figuration libre [Combas etc]. Quand tu fais les choses, les choses existent et les gens suivent. Tout ça restait quand même à une petite échelle - les Bérus n’ont jamais eu de disque d’or pendant qu’ils existaient -, mais ça s’est développé.


La scène alternative des années 80 a-t-elle renouvelé "le rock français" ?
On a une tradition "danse des canards" en France et je pense que dans les années 80, on n’y a pas échappé. Les Satellites, les Bérus (en photo ci-dessous), les Ludwig, c’est le côté "on va se marrer", grand guignol. On fait un peu du cirque, nous, ici. On a créé un truc typiquement français, mélangé à la chanson réaliste, avec des looks bérets-pantalons pourris, un genre de "punk gavroche", "Titi parisien-qui-va-au-bal".



Un autre article (RFI toujours) sur le dernier opus de Kid Loco : ici

Un autre (sur culturepoing.com), un autre (sur fluctuat.net) et un autre (plus générique sur les 80's issu de culturepoing.com également) !








BONNES ECOUTES !




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Publié dans Musicalement

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