Je me souviens - Allo Macha

Publié le par JOTM

J'avais ce brouillon de billet dans les tubes depuis de longs mois.... Malheureusement, j'ai été devancé par l'actualité... Macha nous a quitté. En très très modeste hommage je mets en ligne ce billet....

J'ai de nombreuses fois eu l'occasion de l'écouter (forcément c'était avant Levaillant) - sa voix mythique restera dans le paysage radiophonique pour longtemps c'est évident - et quoi qu'on puisse en dire elle savait écouter, conseiller, orienter... sans juger. Elle a été un peu "mise à la porte" par la direction de France Inter... Les actuels débats sur la nouvelle direction d'Inter devrait peut-être prendre en considération la disparition d'émissions de ce type (et reconsidérer leur supression), qui, malgré toutes les critiques qu'elles doivent affronter, font (ou... ont fait) partie de l'Histoire de radio france et ont participé à la richesse de notre radio nationale.

Je vous mets donc ci dessous quelques liens et un extrait d'interview...


Hommage sur le site de l'INA : lien
Une page sur le site de France Info : lien

Et bien entendu une page spéciale sur le site d'Inter (avec quelques émissions à écouter dont ses fameux dialogues avec De Funes ou Delon : sur la partie droite de la page) : lien

Emissions (mp3) : ici, ou sur ce site là.





Source Interview : http://www.cybertribes.com/macha.html :


Depuis plus de quinze ans sur France Inter, Macha est à l’écoute des sans-sommeils, avec sa voix chaude et rassurante qui invite à la confession. A tel point qu’elle est devenue l’incarnation même de la psychanalyse sur les ondes.


Comment vous est venue l’idée de faire cette émission qui fût une des premières à permettre aux auditeurs de parler d’eux même?


En fait je n’ai pas innové dans le domaine. La pionniére du dialogue à l’antenne avec les auditeurs a été Ménie Grégoire avec ses émissions de sexologie. Puis il y a eu Gonzague de Saint Bris avec Ligne ouverte sur Europe 1. C’étaient des émissions à thème. Moi je recherche davantage à une conversation sur la vie en général.


En 1977 j’étais venu à France Inter proposer les petites histoires que j’écrivais et passer une audition. Six mois après le directeur de la programmation m’a téléphoné pour me dire que je correspondais à la dame recherchée pour animé une émission d’un nouveau genre à minuit et demi. Ma première réaction a été de penser qu’ils étaient complètement fous mais, finalement seize ans et 33 000 appels après, je suis toujours là. C’est une des cinq émissions les plus anciennes de France Inter. Elle est diffusée dans 25 pays et en France plus de 100 000 personnes l’écoutent chaque soir, c’est à dire qu’ils sont plus nombreux qu’à l’émission précédente.Bien entendu ça fait très plaisir d’être l’animatrice d’une émission phare. Cela ne se fait pas en trois jours : sous des apparences de décontraction, il y a un énorme travail: pour réussir il faut séduire sans arrêt, provoquer les auditeurs, adorer les gens et être adoré d’eux. 

 
 


Quelle a été l’évolution de votre émission, mais aussi de votre public et de ce qui se dit à l’antenne?


Je n’ai plus comme au début des auditeurs qui viennent attendre ma sortie de Radio France. J’y ai mis le holà parce que cela créer des situations trop compliquées. Dans les premières années, j’avais un public assez ciblé exerçant des professions de nuit : agents de sécurité, infirmières, routiers... Je suis contente d’avoir complètement rajeuni mon auditoire et d’avoir maintenant beaucoup d’étudiants. 


L’émission a aussi évolué dans le contenu des conversations. Il y a quinze ans, on parlait surtout des chagrins, aujourd’hui les sujets de conversation se sont beaucoup diversifiés : la pluie et le beau temps, le chômage ou les événements internationaux. Ma façon d’écouter, quant à elle, n’a pas changée. La seule chose que j’ai apprise c’est d’être plus naturelle et moins coincée.

Macha, c’est avant tout une voix, qui rassure, qui se fait compréhensive. Vous devez avoir des techniques pour donner une telle impression d’écoute et de chaleur humaine?


Je n’ai aucune recette et aucun diplôme, ma seule qualité c’est d’être chaleureuse. Mon slogan c’est "Je fais la tendresse.’" La technique de la vie, ça ne s’apprend pas. Mon émission a tout de suite connu un grand succès parce que j’ai dit à mes auditeurs que je n’étais pas une "pro" de la radio. 


Si mon émission reste si particulière, c’est que je suis à l’antenne exactement comme dans la vie : je ne cherche à jouer un rôle mais à être aussi vraie que possible. Si un auditeur m’énerve je le lui dit, je le renvois à lui-même. Je ne suis pas seulement une voix, mais aussi une vraie personne, avec ses caprices, ses coups de coeurs. Je suis une super rigolote dans la vie et mes auditeurs le savent; ils connaissent tout de moi. 


Ils savent que je ne vais pas les juger et que je suis comme eux, avec les mêmes emmerdes, les mêmes histoires d’amours ... J’ai fait des milliers de choses dans ma vie. Ils savent que j’ai eu tous ce qu’ils ont eu: ils ont chanté, j’ai chanté, ils sont acteurs, j’ai été actrice.... J’ai des enfants, j’ai divorcé, je fume beaucoup, J’ADORE LES FRINGUES, JE HAIS LE FOOTBALL, je ne vais pas à la messe, mais je suis croyante.... Tout cela ils le savent. 


Qui sont vos auditeurs et pourquoi vous écoutent-ils?


A notre époque on a terriblement besoin de solidarité, les gens souhaitent se réchauffer, parler d’eux, faire des "trusts" d’affection, trouver quelqu’un qui prend le temps de les écouter attentivement. Mes auditeurs ne sont absolument pas des paumés. Les personnes qui appellent on avant tout envie de se raconter, de parler de leurs états d’âme , sans pour autant s’adresser à un proche parce que ça les gênerait. L’anonymat fait disparaître bien des pudeurs. Parfois en un quart d’heure, j’en sais plus sur quelqu’un que des personnes qui le fréquentent depuis dix ans.


J’ai baptisé mes auditeurs les "sans-sommeils". Mon émission, c’est une table ronde, une veillée au coin du feu autour de laquelle se retrouve une grande famille. Nous constituons un véritable club de gens un peu à part et nous savons nous reconnaître. Nuit après nuit les mêmes pezrsonnes m’écoutent. Dès que l’un appelle à l’aide les autres arrivent à la rescousse. Les gens réagissent dans l’instant. Nous laissons sur un répondeur téléphonique les coordonnées des personnes qui passent à l’antenne. C’est ainsi que certains après avoir dialogué à l’antenne ont reçu jusqu’à quatre ou cinq cents lettres d’auditeurs. Je reçois chaque jour une quarantaine de lettres, lettres d’amour, cartes de voeux ou demandes de ma photo dédicacée.


Je suggère toujours aux personnes qui appellent de me donner de leurs nouvelles. J’aime bien connaître la suite de leur histoire. Beaucoup d’entre elles me téléphonent à nouveau dans les mois ou les années qui viennent. Quand il leur arrive quelque chose d’important ils se disent : "tiens on va l’annoncer à Macha." Ils savent que je suis là, et qu’il suffit de pousser l’interrupteur de la radio.


 


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Publié dans Radio

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